Présentation

archivie

Pseudo: semmoudi brahimCatégorie: ImmobilierRecommander ce blog

Calendrier

Janvier 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Recommander

Samedi 26 Janvier 2008

Ce chapitre présente le cadre conceptuel et théorique de la recherche et consiste à ouvrir des chemins d'accès à la connaissance et la compréhension des phénomènes étudiés.

Le cadre conceptuel et théorique aborde deux thèmes principaux : 1) les concepts de mur et de façade, ainsi que les organisations du mur de façade des maisons et 2) les modes d’appropriation de la façade et de ses espaces.

Commençons d'abord par les concepts de mur et de façade. Cette partie présentera les concepts théoriques de " mur " dans les textes de Flusser (1973 et 1999), Mallgrave (1985), Moffett (1994), Nguyen (1997), Thiis-Evensen (1989) et Unwin (2000). Ensuite, l'étude examinera la signification et les fonctions du mur en général et dans le contexte du Vietnam, ainsi que l’expression des éléments constitutifs du mur tels que les portes et les fenêtres. Ensuite l’étude s’intéressera au « mur de façade » qui est un élément architectural essentiel dans la fonction et la signification communicative d’un bâtiment. En effet, les notions de mur et de façade se côtoient actuellement et jouent un rôle important dans la définition de la structure de la façade d'une maison. Les organisations du mur de façade sont présentées selon trois angles: celui de l’organisation constructive, formelle et spatiale.

Enfin, la question des modes d’appropriation de la façade et de ses espaces vise à expliquer la conception de base de l'appropriation des espaces, la compréhension de l'usage des espaces non seulement dans le mur mais aussi de chaque côté du mur de façade; et la façon dont les habitants s’approprient leur façade.

Cette étude a pour l’objectif principal d’étudier profondément le concept de " mur ". Ces travaux proviennent à la fois des pays occidentaux et des pays orientaux (Vietnam et Chine), et sont issus d’un large éventail de domaines scientifiques.

Depuis des millénaires, le mur est devenu un des éléments architecturaux les plus fondamentaux et plus iconiques de l'architecture. Le mur est un objet de transition par rapport au logement, à la pièce; il est une frontière entre l’intérieur et l’extérieur, la liberté et la communauté, l’espace privé et l’espace public. Le mur est un important élément architectural de la maison, il a pour rôle de créer des espaces et de protéger les habitants contre le monde extérieur.

Le concept de mur n’est pas difficile à définir, les nombreuses définitions sont présentées dans les textes sur le mur par Flusser (1973 et 1999), Mallgrave (1985), Moffett (1994), Nguyen (1997), Thiis-Evensen (1989) et Unwin (2000). Dans l’ensemble, ces définitions sont pertinentes, cependant elles sont parfois soit trop larges, soit trop strictes, ou encore trop ambiguës :

Certaines définitions du mur sont axées davantage sur les fonctions du mur. C’est, notamment, le cas de la définition de Nguyen, D.T:

Les études de ces auteurs répondent à la question de la fonction du mur, elles affirment le rôle important des murs qui est une invention de l’homme pour créer des espaces et des milieux de vie.

D’autres définitions font davantage référence à l’aspect social du mur. C’est le cas de la définition de l'architecte Leon Battista Alberti qui est représentée dans l'étude de Neumeyer (1999: 247):

Alberti constate que la colonne vient du mur, et elle est comme une pièce du mur, comme une barre étroite du mur. Finalement, une rangée des colonnes n'est qu'un mur qui est cassé en plusieurs pièces séparées.

Dans son ouvrage de 1973, Flusser prétend qu’il est facile de démontrer l’ambivalence du mur: résistance et protection, cellule et intimité, anxiété et relaxation. Mais cette approche psychologique est trop limitée et n’est pas suffisante pour comprendre toutes les significations du mur. Il affirme que les murs sont matériaux physiques, ça veut dire qu’ils sont opaques, mais nous pouvons diminuer cette opacité à l’aide des ouvertures sur le mur. De bon matin, nous pouvons ouvrir la porte ou la fenêtre, oublier les quatre murs et pénétrer dans le domaine public. Aussi la nuit venue, nous pouvons rentrer et passer la porte qui nous a permis plus tôt de regarder le monde extérieur pour cette fois rester protégés par les murs de la pluie ou d’autres événements extérieurs.

Du point de vue esthétique, Flusser (1999) parle d’un mur comme il parle d’un corps nu dans l’article "Bare walls", The shape of things. A philosophy of design . Normalement, les hommes souhaiteraient « remplir l’espace compris entre ses quatre murs avec des objets qui attestent son pourvoir d’information. Il le fera simplement parce que les murs sont là et qu’on ne peut pas les laisser nus. » (Flusser 1973 : 88). L'analyse proposée par l'auteur est essentiellement naturaliste. Parce que le mur est comme un corps, on ne peut pas le laisser nu, et l’action d’habiller le corps est une action naturelle de l’homme. De plus, les hommes souhaiteraient remplir l’espace compris entre ses quatre murs avec des objets qui attestent son pouvoir d’information. Conséquemment, cette étude de Flusser permet de comprendre certaines significations du mur, la formation originale des portes et des fenêtres sur le mur.

Enfin, le mur est un important élément architectural de la maison, il a pour rôle de protéger les habitations humaines contre le monde extérieur. Pourtant, dans le cas du mur sans toit, sa fonction externe qui est présentée à tout le monde est politique; par contre, sa fonction interne qui garde un endroit secret lui-même est préservée [7] .

Avec la notion " Le mur comme une surface ", Unwin (2000) présente les murs comme « un visage » vivant de la vie. On tente de mettre des images sur un mur plat, on va voir les images et tout à coup, on oublie que c’est un mur. On ne reconnaît plus que ce mur est un mur, on ne sait plus que dans notre appartement il y a des murs. Alors, la surface d'un mur est, simplement et profondément, une interface de l'espace que nous pouvons occuper.

Le mur présente sa surface immédiatement à la vue, plus facilement que celle contre terre. On peut donc graver une figure, des mots ou des annonces sur un mur ou sur une façade de maison (Figure 2.01).

Les surfaces des murs sont utilisées de différentes manières et pour plusieurs objectifs. On y attache des notices, des affiches, des annonces, des journaux. On grave sur les murs les graffitis et les slogans. On les cache avec des images, des symboles, des icônes, des ornements et des modèles [8] (Figure 2.02). On y énumère des règles et les points de jeux, les lois et les punitions de la société. On les couvre par des cartes de l'espace et des horaires. Alors, les murs rassemblent des secrets et des devises, des signes et des messages, des questions et des prières. Ils sont absolument «un visage» vivant de la vie.

Comme on a pu le constater dans la présentation des définitions et des origines du mur, le mur a des rôles importants. On trouvera, dans ce qui suit, une description des fonctions du mur.

Neumeyer (1999) pose une question qui affirme indirectement le rôle important du mur dans le domaine de l’architecture. Il se demande ce que l’architecture serait sans mur? Probablement, celui-ci est une invention importante de l’homme pour créer une clôture et définir un espace humain ou bien, un milieu de vie qui combine les fonctions de l’habitation, de manger et du travail.

Au fil du temps, les gens utilisent l'expression « nos quatre murs » pour définir un lieu existentiel qui indique exactement la conception de l’habitation. Il est donc le point de départ et également de destination de toutes nos expéditions vers le monde extérieur. «Nos quatre murs» définissent en même temps un premier et élémentaire état architectural: l'homme reste dans un espace limité par les murs, isolé de l'extérieur [9] (Figure 2.03). Aussi, selon Flusser (1973), les murs posent «une alternative typiquement humaine» : on abandonne les murs afin de conquérir le monde extérieur ou on reste dans les murs afin de se trouver soi-même.

La première tâche de l'architecture est d’enfermer un espace. L’acte de clôturer par des murs donne à l’architecture une place spéciale parmi tous les autres arts. Il ne crée pas simplement qu’un objet dans un espace, mais crée également un milieu avec des relations sociales. Dans l’architecture et ainsi dans la vie, le besoin de la clôture est important au même titre que le besoin de couverture de cet espace [10] . Pourtant, les murs ne sont pas achevés parce qu'ils sont encore ouverts au-dessus. Quand l'espace entre les murs devient trop étroit pour les mouvements intérieurs, et qu'il semble alors difficile d'y respirer, le mur devient une obsession pour les gens qui s'y confrontent. On a donc une tendance à abattre les murs par l’orientation verticale.

Aussi, selon Unwin (2000), les murs comportent une multitude de significations: morale, sociale, personnelle, politique, militaire, philosophique, symbolique, religieuse, psychologique, esthétique, poétique, etc. Ils sont un obstacle à la liberté et au mouvement. En refusant l’espace, ils créent également l'espace; en créant ou en définissant l'espace, ils contribuent à la formation de nouveaux espaces. De plus, les murs sont les produits de notre esprit, et ils sont notre confinement. Les murs sont considérés comme les barrières de la liberté et de la communauté, mais en même temps, ces «barrières» nous protégent, nous aident à maintenir la paix et garder l'esprit tranquille.

Le développement de la science et les conditions nécessaires à la vie ont été les motivations des nouvelles fonctions du mur. La conséquence logique a été que le mur a été analysé en différentes couches, chaque division proposant une fonction différente. Ceci a été fait pour résoudre le problème de l'éclairage, de la ventilation, de la protection contre le soleil, de la division de pièce, et bien sûr, du support de toiture, etc,...en utilisant la science et la technologie les plus récentes dans tous les cas. Au Vietnam, surtout dans le delta du Tonkin, les maisons sont beaucoup conditionnées par le climat tropical-humide, il y a donc des éléments importants sur les murs de façade tel que l’auvent, le balcon, le brise-soleil, la grille de ventilation, le revêtement extérieur spécial qui permettent de gérer l'humidité (Figure 2.04). Ceux-ci sont des éléments particuliers du mur de façade des maisons et ils en représentent ses principales caractéristiques architecturales.

Quant au thème de l’expression du mur, Neumeyer (1999) affirme que la caractéristique de base de toute décoration d'un mur est la conquête de mur lui-même. Le mur n'est pas seulement un mur, mais c'est un miroir pour l'homme, un écran de projection sur lequel il veut s'abandonner à son illusion et s'identifier [11] . Le mur est parfois considéré comme la toile blanche de l'architecture, une surface sur laquelle «l’architecture» est appliquée. Mais il est beaucoup plus que cela. Le mur lui-même est un outil puissant utilisé par l’architecte. Par l'arrangement des murs, l'architecte représente ses buts ou les buts du client, ainsi que les matrices spéciales de nos vies.

Aussi, les murs sont une affirmation du contrôle, de l'ordre, une manifestation de la civilisation du monde. Ils sont des agents et des manifestations symboliques de l'ordre, des conflits et de la vie dans le monde.

Enfin, Unwin (2000) fait état des expressions du mur en pierre qui peut exprimer beaucoup de significations, car la pierre nous donne des impressions différentes, même l'épaisseur du mur, la taille et l'apparence ont été influencées par les caractères de la pierre. D’ailleurs, l'existence d'un mur atteste l'existence des gens qui l'ont construit, il représente également les types de décoration du bâtiment.

Par exemple, les pierres polygonales peuvent être mises ensemble comme une scie qui n’est pas déterminée; tandis que des pierres semblables peuvent être rangées selon des modèles différents pour des expressions différentes. Les grandes pierres rectangulaires pourraient être utilisées comme des coins, aux bords et aux coins d’un mur pour augmenter la résistance de la structure vulnérable du mur (Figure 2.05).

Comme il a été démontré dans les parties précédentes, l’étude du mur et de la façade des maisons se croisent mutuellement et elles ont une relation morphologique et sociale.

Il est d'abord nécessaire de faire la distinction entre la façade et le mur de façade. En effet, la façade d'une maison peut être vue de l'extérieur de la maison, c'est-à-dire elle est comme une surface du bâtiment qui représente «un visage» vivant de la maison. La façade fournit également des informations sur les caractéristiques des habitants d'un bâtiment, des indices sur leur façon de s’approprier cet espace. Quant au mur, il est un élément solide pour créer des espaces d’une maison; le mur n’est pas un plan vertical, mais un espace de transition par rapport au logement, à la pièce. Ces espaces se trouvent dans le mur de façade qui interprète le rapport entre l’intérieur et l’extérieur de maison:

De plus, l'analyse de l'extérieur d'une façade ne permet pas d’étudier l’organisation spatiale, c'est-à-dire les espaces de chaque côté du mur, et l’organisation constructive, c'est-à-dire l’épaisseur du mur de façade.

C'est pourquoi la présente recherche retient l'expression «mur de façade» qui abordera la surface extérieure de la façade ainsi que les espaces intérieurs qui composent l'épaisseur du «mur de façade» (Figure 2.06).

Selon Neumeyer (1999), le mur urbain est également une façade qui doit être rythmée le long de son développement. Ceci est vrai et cette idée est reprend celle de Duplay (1985). Dans la section de la façade urbaine, selon ces auteurs, la façade urbaine est l’addition de la façade sur rue de chaque bâtiment qui la borde (Figure 2.07). Une façade urbaine n’est pas seulement l’addition d’éléments indifférenciés, mais la combinaison d'éléments différents selon les accidents de la rue. Elle comporte, probablement, des types de parcelles variés et caractéristiques des différentes périodes de développement de la ville.

Une façade urbaine est comme la ville elle-même: par la définition multicouche et aussi transparente, elle reflète et donne des différentes «couches» spatiales et sociales. Le concept de la transparence ici n’est pas vu comme un état physique. Le concept de façade transparente doit être vu du point de vue de la signification symbolique, de la superposition structurale du mur de façade.

Dans une perspective plus détaillée, Unwin (2000) considère que les maisons, les magasins, et les autres bâtiments forment les murs des espaces publics. Ils nous donnent une identité collective comme la communauté, et finalement, la représentation du public (Figure 2.08).

En bref, au niveau de la ville et du territoire, les murs de la rue et de la place sont habités, ils sont également la façade urbaine.

Commençons par la définition de la façade du Robert (1990) :

Comme le mur, la façade est un élément architectural essentiel de la signification communicative d'un bâtiment. Elle représente la situation culturelle du moment où le bâtiment a été construit. En réalité, la façade n’est pas un plan, mais un espace de transition par rapport au logement, ainsi qu’un espace de paroi par rapport à la pièce.

Dans la recherche de Breton (1985) qui a pour objectif de faire ressortir les caractéristiques formelles de la composition des façades des maisons dans un quartier résidentiel, l'auteur a une conception géométrique de la façade:

Les éléments constitutifs des façades sont disposés selon des règles qui organisent ces éléments et qui définissent la composition de la façade.

Concernant le thème de Type , Caniggia (2000) constate que le type est la conceptualisation de l'objet réalisé: comme tel, cependant, il n'est pas la conceptualisation d'une partie de l'objet, ce n'est pas un schéma fonctionnel-distributif, ce n'est pas une structure et ce n'est pas une façade de maison.

Le terme Type est étroitement relié à la conscience spontanée, il existe et il est un produit de la conscience spontanée. Le type sera déterminé à travers les expériences précédentes réalisées dans son milieu social, spatial, transformées en un système de connaissances intégrées, assumées globalement, pour satisfaire un besoin particulier auquel l'objet doit répondre.

En ce qui concerne la question du «pourquoi» de l'existence du type, Caniggia (2000) a tenté d'expliquer que plusieurs maisons sont semblables parce qu'elles ont utilisé le même projet, ou parce qu'elles sont du même auteur ou de plusieurs auteurs d'une même école; ou bien les maisons s'avèrent égales à cause de quelques impositions en amont: un règlement de construction, une loi ou un édit. En effet, chaque maison correspondant au concept de maison en vigueur au moment où chacune a été faite. Donc, elles ont utilisé le même concept de maison qui s'est formé de la même manière dans leurs milieux spatiaux et temporels.

Par conséquent, l'étude de Caniggia (2000) aborde également le thème «Type de bâti» qui a été utilisé pour comprendre un certain groupes d'édifices ayant un certain caractères, ou une série de caractères en commun (Figure 2.09). En fin, le «type de façade» est une synthèse de l'apparence et de la culture du bâtiment dans un lieu et à une époque propre, dans l'esprit de chaque artisan singulier.

Selon Quatremère de Quincy (1832), le Type est le principe et l’origine d’une forme adaptée à un usage. L’application de la connaissance générale du type à l’échelle des façades d'une maison est l’acception de Type de façade (Figure 2.10). Aussi, si deux ou plusieurs façades de maisons ont des caractères analogues [12] , il est possible de les regrouper sous un terme spécifique: elles appartiennent alors à un même type de façade. Les éléments qui composent un objet permettent de les distinguer les uns des autres, de rapprocher dans une même catégorie ceux de même structure et pour une catégorie donnée, de dresser un tableau montrant la combinatoire des formes de façade et des éléments sur la façade.

Dans cette recherche, on parle de «type» et de «maison», quelle est la distinction entre ces termes? Le type est un schéma abstrait, distributif, fonctionnel ou formel; tandis que la maison (ou le bâti) est un objet réellement existant, construit, qui coïncide à peu près avec le terme de modèle parce qu'elle peut être l'objet d'une imitation directe d'une partie ou de tous ses caractères d'une autre maison. Par conséquent, le «type» ne semble possible que comme évaluation analytique de la maison-modèle (Caniggia, 2000).

La structure du mur de façade sera analysée pour bien comprendre les caractéristiques des façades de maisons du quartier Bui Thi Xuan. Cela est fait en tenant compte de trois organisations différentes (Figure 2.11):

• L'organisation constructive du mur de façade exprime les techniques de construction et les matériaux du mur de façade.

• L'organisation formelle de la façade exprime la composition de façade sur le plan bidimensionnel, par rapport à la disposition des éléments constitutifs sur le mur de façade, tels que les ouvertures, le toit, le balcon, l'auvent et la dimension de la façade, etc.

• L'organisation spatiale du mur de façade analyse la façade de maison en tant qu’objet tridimensionnel, qui se compose un ensemble d’espaces dans le mur et d’espaces de chaque côté du mur.

Dans le cadre de cette recherche, l'organisation constructive du mur de façade est considérée en deux termes: les techniques constructives et les matériaux du mur de façade.

Actuellement, il y a certaines techniques constructives: la technique traditionnelle où les murs sont porteurs et la technique contemporaine des poutres et poteaux. La technique traditionnelle de construction représentait le potentiel des capacités de l’époque et les ressources des artisans locaux comme l'eau, le sol, le sable, le pierre et le brique, etc. L'utilisation des matières premières de la région réduit les frais de transport pour les matériaux, d’unités de fabrication centralisées jusqu’à des chantiers lointains. La technique moderne de construction est faite de structures en béton armé et utilisent des nouveaux matériaux qui permettent la plasticité et la flexibilité de la construction. Dans cette technique, on utilise la structure de poutres et poteaux en béton armé avec un remplissage en brique. Celle ci utilise relativement peu de brique et de ciment et crée un grand support pour la construction.

Selon les matériaux, les murs se divisent en plusieurs sortes de mur: le mur de briques, le mur en pierres, et le mur de bois ou de bambou.

La brique est un produit écologique et naturel, elle est issue d'un mélange de terre et d'eau. Au Vietnam, le mur de briques est utilisé majoritairement dans la plupart des constructions et son succès au Vietnam est en train de grandir.

Les murs de briques sont utilisés pour la construction depuis des millénaires par de nombreuses civilisations; la terre est un matériau exceptionnel. Les gens emploient la terre de leur région, extraient la terre agricole facilement pour fabriquer la brique chez eux (Figure 2.12).

En terme de fonction, la brique est un produit de construction traditionnelle. Le mur de briques est utilisé comme mur porteur ou non porteur, comme mur d’appui, mur séparatif, mur de clôture, mur de fondation, mur de façade, ainsi que comme support pour les éléments de décoration.

Autrefois, les briques étaient utilisées comme des modèles décoratifs pour obtenir un effet esthétique du mur et du bâtiment. Dans certains bâtiments, la base du bâtiment est construite en forme solide et rustique, pour supporter les colonnes, l'entablement et les murs, où toutes les charges principales du bâtiment sont situées.

Comme il a été mentionné ci-dessus, l'organisation formelle exprime la composition et la disposition des éléments constitutifs sur le mur de façade. Les ouvertures, la porte et la fenêtre, sont les principaux éléments de la façade, elles sont donc l'objet principal de cette partie.

La notion d’ouverture dans un mur de façade peut être définie par la recherche sur les portes et les fenêtres. Les ouvertures sont la porte, la fenêtre et la grille de ventilation. Selon Flusser (1973), les murs sont opaques, mais on peut diminuer cette opacité à l’aide de portes et de fenêtres. C’est une raison importante de la formation originale des portes et des fenêtres sur le mur.

La fenêtre et la porte sont deux types principaux d’ouvertures, qui fonctionnent très différemment dans la relation avec l'intérieur et l’extérieur d’une façade. La différence de base est que la fenêtre permet de regarder à travers et d’admettre la pénétration de la lumière, tandis que la porte est principalement traversée. La porte qui «s’ouvre» est déterminée par la relation à ce qui en dehors; la fenêtre est le symbole de ce qui est à l'intérieur.

La fenêtre, pour le monde extérieur, indépendamment de sa forme, de sa dimension et de sa position, sera toujours une expression de l'intérieur. En conséquence, les fenêtres annoncent le mode de vie des habitants d’un immeuble. La fenêtre comme un trou dans un mur plan (Thiis-Evensen, 1989). Il existe différents types de fenêtres. La forme de trou dans le mur est basée sur trois variations: la fenêtre verticale, la fenêtre horizontale, la fenêtre centralisée (Figure 2.13).

Au cours de l’histoire architecturale, la fenêtre verticale a été le type le plus utilisé. On l'a préférée à cause de la largeur limitée de la travée dans un système de poutres et poteaux, et du désir de pénétration maximale de la lumière. La fenêtre horizontale est en particulier populaire dans le mouvement fonctionnaliste des années 1920. Une de ses origines est le désir d’ouverture à l'espace horizontal. La fenêtre centralisée est moins déterminée par des facteurs techniques que la fenêtre verticale et horizontale.

L’entrée est un espace de transition par rapport au logement, elle appartient à l'espace extérieur. Sa valeur symbolique est indiquée dans les rituels et les comportements de la plupart des cultures. Quant au milieu de porte, selon Thiis-Evensen (1989), les motifs utilisés (Figure 2.15) comme l’enveloppe autour de la porte ouverte sont toutes les variations des archétypes du mur.

- Le motif encadré constitue la forme primaire du système constructif du mur. Il accentue la personne qui est en face de la porte. L'encadrement de la porte donne aussi une forme complète (Figure 2.14).

- Le motif concave sur une petite échelle, la porte est située profondément dans une ouverture. Ce motif représente l’expression de la réception et l’embrassement. En général, le motif donne un contact intime, comme le motif d'entrée dans beaucoup de maisons produites en série.

- Le motif directionnel nous mène en avant avec un sentiment de sécurité et de dépendance (Figure 2.16). Ceci à cause du motif directionnel qui est basé sur l'asymétrie et le contraste entre la verticalité et l'horizontalité.

- Le motif de tour à côté est essentiellement identique que le motif directionnel de mur, il met l’accent sur la verticalité et ainsi la sécurité. Cet effet est une des raisons que ce motif était très populaire dans la période romantique. Il a été trouvé particulièrement dans la tradition architecturale Romane avec la forme d'une tour qui est à côté de l'entrée.

L'expression de la fenêtre par la forme possède l'expression du mouvement. La fenêtre est immédiatement perçue comme une expression de l'expansion intérieure vers l'extérieur.

- La fenêtre verticale (voir Figure 2.13) lance les mouvements positifs. Comme le mur vertical, la fenêtre semble toujours plus légère en raison de son effet levé, et elle est comme une tour qui est un symbole de la figure droite. La fenêtre verticale accentuera le mouvement qui vient de l’intérieur et ainsi, renforce le contact avec l'extérieur. Pourquoi? La forme verticale de la fenêtre est comme une personne se tenant et regardant en dehors, et la forme de la fenêtre verticale est liée à la porte, comme une combinaison de quelque chose pour regarder à travers et y traverser.

- La fenêtre horizontale encourage le mouvement latéral. Le mur horizontal exprime l’impression comprimée et compacte, la forme horizontale ou la forme oblongue de la fenêtre suggère un mouvement qui coupe le rapport entre l'intérieur et l'extérieur.

Alors, la forme verticale oriente la fenêtre accentuée la verticalité, l’horizontalité oriente la fenêtre étirée horizontalement, alors la fenêtre centralisée souligne le point et un mouvement perpendiculaire. Ces facteurs directionnels influenceront la relation entre la fenêtre et le mur.

- Forme 1: la forme aiguë déchire le mur; l’arc aigu réduit le mur au-dessus, parce qu’il semble que la ligne verticale ne finit pas en haut de la fenêtre. L’arc aigu exagère le mouvement ascendant, il disperse le mouvement entre l'intérieur et l’extérieur du mur;

- Forme 2: la forme circulaire cause la descente du mur; l’arc rond supporte le poids de la pièce du mur en haut et les mène également de chaque côté de la fenêtre. L’arc rond indique un mouvement plus composé que l’arc aigu;

Enfin, la position de la fenêtre affecte également l'expression du poids du mur (Figure 2.18). Une fenêtre horizontale qui est située en bas d’un mur augmente l'effet de descente; une fenêtre verticale en haut augmente l'effet de montée, alors, une fenêtre centralisée est ambiguë.

Ensuite, l'étude se poursuit avec l'examen de l'expression de la porte. La porte elle-même et sa direction d’ouverture expliquent la relation de mouvement entre l'intérieur et l’extérieur (Figure 2.19).

Dans l’ensemble, Thiis-Evensen prétend que la fenêtre est le symbole de ce qui est à l'intérieur, elle sera toujours une expression de l'intérieur indépendamment de sa forme, de sa dimension et de sa position. Pourtant, la porte qui «s’ouvre» en dehors est déterminée par sa relation avec ce qui est dehors, elle décrira la relation de l'intérieur à l'extérieur de la maison indépendamment de sa dimension.

On peut proposer la définition suivante de Ching (1996):

Selon cette définition, l’organisation spatiale (ou l'organisation de l'espace) prend forcément en compte des éléments dans un espace, les liens entre différents éléments de composition (lignes, formes, structures, couleurs, etc.), pour former un espace. Toutefois, dans le cadre de cette recherche, l’analyse met en évidence des structures et des formes d’organisation spatiale de la façade qui représentent et résument l'usage des espaces adjacents de la façade et les divers types de façade de maison.

La composition d'une forme ou d'un espace peut présenter une ou plusieurs caractéristiques. Voici les caractéristiques principales de l'organisation spatiale :

- La symétrie pure: La symétrie est pure lorsque tout est égal et va de pair dans la composition, les formes, les textures, les couleurs, etc. et cela par rapport à un point. (Figure 2.20.A)

- La symétrie avec axe vertical (horizontal), c'est l'égalité des formes, des structures, etc. entre la droite et la gauche. (Figure 2.20.B)

- L'asymétrie est le caractère d'une composition dont les éléments semblables ou différents sont disposés de façon irrégulière. (Figure 2.20.C)

La répétition consiste à reproduire, avec une régularité méthodique, un ou plusieurs éléments à l'intérieur d'une composition. (Figure 2.21.D)

L'alternance est une répétition qui est doublée d'un ou de plusieurs aspects de variété, ce sont l'alternance de dimension et l'alternance de pleins et de vides (Figure 2.21.E), l'alternance de position (Figure 2.21.F)

Le mouvement est un changement de position dans l'espace en fonction du temps, par rapport à un système de référence. On distingue deux sortes de mouvement: D'abord, c'est le mouvement réel qui est représenté par les mobiles ou les objets dans un espace donné; Suite, dans un espace bidimensionnel ou tridimensionnel, le mouvement suggéré est représenté par la juxtaposition, la superposition, la répétition, la convergence, la divergence et le rythme des éléments.

Qu'est-ce donc qu'un espace? Dans le terme d'« organisation spatiale» , l'espace est ici un espace relatif, produit et défini par un ou des mur, ou des cloisons; par un ou des milieux; par les relations entre les éléments constructifs.

Dans l’étude de Thiis-Evensen (1989), l'auteur soutient que, dans le domaine de l’architecture, le but principal du mur est de délimiter un espace et de soutenir le toit. En particulier, le mur de façade définit des territoires et il divise deux espaces qui ont chacun un contenu différent: ce sont l'espace extérieur et l’espace intérieur de la façade (Figure 2.22). L’espace extérieur d'une façade est un espace devant la façade par rapport au mur de façade. Cet espace est le plus important, là où se situe l’entrée principale et les autres espaces, tels les balcons, les sanitaires, et la cour avant de la façade. L’espace intérieur d'une façade est l’espace derrière le mur de façade où se situent les pièces de la maison, tels les chambres, le salon, la salle à man

Samedi 26 Janvier 2008

Pour les articles homonymes, voir Urbanisme


L'urbanisme est à la fois un champ disciplinaire et un champ professionnel recouvrant l'étude du phénomène urbain, l'action d'urbanisation et l'organisation de la ville et de ses territoires. Les personnes qui exercent ce métier sont des urbanistes.

Selon les traditions académiques cette discipline est tantôt associée à l'architecture, tantôt à la géographie selon l'aspect mis en avant, l'intervention urbaine ou l'étude théorique.

Définitions

En tant que champ disciplinaire (ou scientifique), les théories de l'urbanisme sont en étroite filiation avec les sciences humaines (géographie, économie, science juridique, écologie, anthropologie, science politique, sociologie).!
En tant que champ professionnel, les pratiques et techniques de l'urbanisme découlent de la mise en œuvre des politiques urbaines (habitat, logement, transport, environnement, zones d'activités économiques et appareil commercial). Cette deuxième dimension recoupe la planification urbaine et la gestion de la cité (au sens antique du terme), en maximisant le potentiel géographique en vue d'une meilleure harmonie des usages et du bien-être des utilisateurs (résidents, actifs, touristes).
La notion apparait avec l'ingénieur catalan, Ildefons Cerdà et son ouvrage Théorie générale de l'urbanisation paru en 1867. Il fit son apparition en France en 1910.

En 1911, la Société française des urbanistes est fondée. Issue des courants humanistes et hygiénistes de la fin du XIXe siècle, cette société savante réunit depuis ses origines les urbanistes de tous modes d'exercice (public, para public et privé) sur la base de critères professionnels. Ses actions constituent une véritable force de propositions, qui se manifeste notamment dans la vision des urbanistes pour la ville du XXIe siècle et la Nouvelle Charte d'Athènes. La SFU représente les urbanistes de France au Conseil européen des urbanistes.

Aujourd'hui, on peut « définir l'urbanisme comme recouvrant l'ensemble des activités humaines, du moment qu'elles s'articulent, dans le temps, avec les territoires » (source : Société française des urbanistes). Aussi, si urbanisme rime depuis ses origines avec humanisme, urbanisme rime tout autant aujourd'hui avec développement durable.

C'est à partir de 1953 que l'&Eacute;cole des Beaux-Arts de Paris enseigne l'urbanisme à ses étudiants. Un ouvrage de référence permet de mieux saisir les véritables enjeux de l'urbanisme, sous une forme pédagogique Urbanisme, Utopies et réalité de Françoise Choay (1965), qui est une anthologie des différents concepts urbanistiques développés depuis plusieurs siècles.

On peut dater la constitution du champ de l'urbanisme entre 1870 et 1970

Enjeux et applications professionnelles

L'objectif de l'urbaniste est de donner une lecture de la ville et d'un territoire. Son travail porte sur l'aménagement des espaces publics et privés, sur l'organisation du bâti et des activités économiques, la répartition des équipements (services publics), et d'une manière générale sur la morphologie de la ville et l'organisation des réseaux qui la composent. (la forme anciennement établie)

Le travail de l'urbaniste, loin de se réduire à un aspect réglementaire, vise à mettre en forme le projet territorial des collectivités. Son rôle est d'anticiper les besoins des populations afin de proposer un développement urbain efficace sur le plan socioéconomique et durable sur le plan environnemental. Pour ce faire, il contribue à l'élaboration de documents d'urbanisme pour la collectivité territoriale concernée, en planifiant les équipements nécessaires (espaces publics, espaces verts, réseaux d'eau potable, d'assainissement, éclairage public, électricité, gaz, réseaux de communication).

L'urbanisme peut ainsi s'exercer dans un cadre public (collectivités territoriales ou services de l'&Eacute;tat) ou dans un cadre privé (bureaux d'études), dont le rôle s'apparente principalement à de l'assistance à la maîtrise d'ouvrage ou de la maîtrise d'œuvre.

L'urbanisme, compte tenu de son caractère pluridisciplinaire, intéresse plusieurs catégories professionnelles selon le domaine d'étude: des architectes, des ingénieurs, des économistes, et des juristes, des sociologues, des géographes, des paysagistes, et même des archéologues, des historiens et des psychologues, auquel il devrait être fait appel pour l'établissement des plans d'urbanisme ou pour le lancement des opérations d'urbanisme, en fonction des moyens disponibles.
On forme aussi, pour résoudre ce problème de pluridisciplinarité, des urbanistes, ou aménageurs, et des environnementalistes, qui reçoivent une formation pluridisciplinaire dans des instituts d'urbanisme spécialisés de 3e Cycle, comme le plus ancien, l'Institut d'urbanisme de Paris XII, et le plus exemplaire, l'Institut d'Urbanisme de la Sorbonne (Paris IV), dont la codirection est assurée conjointement par des professeurs et des professionnels de la Société Française des Urbanistes (S.F.U.) .

Les premiers instituts d'urbanisme apparaissent en France autour des années 1920 avec les premiers "logements sociaux". D'autres formations, plus récentes, issues du town planning américain proposent également des cursus adaptés aux métiers du marketing territorial.


Les différents aspects de la politique d'urbanisme

Dans le champ professionnel, on peut considérer deux catégories d'urbanisme : L'urbanisme règlementaire (cf. Droit de l'urbanisme): il s'agit de créer un document d'urbanisme (comme en France le Plan d'occupation des sols remplacé par le Plan local d'urbanisme depuis la loi Solidarité et Renouvellement Urbain de 2000, ou la Carte communale, ou au Québec le schéma d'aménagement et le plan de zonage, en Belgique (Wallonie) le Plan de secteur) qui définit des règles d'urbanisation a priori au sein de périmètres découpés sur le territoire communal. Ce travail, également appelé planification, peut dans certains cas concerner plusieurs communes, afin d'obtenir une cohérence sur l'ensemble d'une agglomération (tel qu'en France pour le Schéma de cohérence territoriale, SCOT ou le Plan local d'urbanisme communal ou intercommunal). L'urbanisme opérationnel : il s'agit de créer un projet d'aménagement, en espace libre, ou en tissu ancien (rénovation, restauration ou "réhabilitation"), en s'appuyant sur la procédure de zone d'aménagement concerté (Z.A.C.) ou celle de lotissement, pour lequel projet on délimitera un périmètre et un règlement d'occupation du sol.

Ces deux aspects de l'urbanisme sont complétés en amont par une réflexion globale sur le fonctionnement et l'avenir du quartier, de la ville ou de l'agglomération. Ce travail pose les bases d'une stratégie sur l'aménagement d'un ensemble cohérent, voire d'une politique d'appréhension de la ville. Cela consiste le plus souvent à formaliser en amont un diagnostic territorial.

Actuellement, en France, l'échec ressenti des grandes opérations d'aménagement de l'après guerre, inspirés de la vision moderniste des CIAM qui ont développé la théorie du « zoning » ou zonage (le découpage du territoire en zones fonctionnellement différenciées) poussent les théoriciens et acteurs de l'urbanisme à éviter le découpage foncier arbitraire au profit d'un projet et d'une vision globale sur le territoire.



L'urbanisation est le phénomène par lequel l'habitat humain se développe autour de villes existantes, généralement dans des territoires jugés attractifs ou pour des raisons culturelles et historiques (Capitales) ou religieuses (La Mecque, Lourdes..), ou sur des zones commercialement, industriellement ou militairement stratégiques (ex : bases militaires). Certaines villes champignons sont nées autour de ports et d'industries positionnées autour de ressources minérales, énergétiques ou humaines (main d'oeuvre bien formée, et/ou bon marché).
L'urbanisation présente depuis les années 1800 un caractère exponentiel qui semble être vécu comme une fatalité par la plupart des gouvernements et aménageurs. L'écologie urbaine née à la fin du XXe siècle tente d'atténuer les impacts socio-environnementaux négatifs de la ville. Il existe des cas particuliers de villes construites par des réfugiés, de villes-ghetto, ou de villes liées aux Goulags ou bagnes.


Urbanisation et consommation de ressources

La ville consomme de l'espace et des ressources plus ou moins renouvelables, dans un monde limité.
Les villes occupent souvent de riches terres, en zones alluviales et sur les littoraux.
Or, même s'il existe des velléités expérimentales et marginales de quartiers ou construction autarciques ou plus ou moins énergétiquement autonomes (Biosphère I, Biosphère II) , les villes ne sont jamais autonomes, et l'urbanisation se fait généralement au détriment de l'agriculture périurbaine. La ville ou l'établissement humain ne peuvent exister sans l'agriculture nourricière, sans la nature qui produit 100 % de l'oxygène vitalement nécessaire aux habitants, sans de nombreuses ressources périphériques nécessaire pour la construction, l'entretien, la fourniture d'énergie et sans la possibilité d'évacuer en flux continu les milliards de tonnes de déchets gazeux, solides et liquides qui asphyxieraient en quelques heures n'importe quelle grande ville riche enfermée dans une bulle étanche. La FAO promeut des expérimentations d'agriculture urbaine, notamment dans les pays pauvres. Dans les années 1990, les approches dites de développement durable ont mis en évidence que les modèles économiques et urbanistiques dominants avaient produit des systèmes non-durables et à terme insoutenables d'habitat et de production/transformation, de transport et de consommation. Forêts/bois, eau, air, sol, foncier, agriculture, pêche, puits de carbone, énergies douces, propres, sûres et renouvelables, gestion des déchets, transports, etc. ne suffiront pas aux besoins croissants de la périurbanisation, et deviennent donc des domaines stratégiques et vitaux pour la société. On parle alors de ville renouvelée sur elle-même, et le calcul de l'empreinte écologique transforme un pressentiment confus en une évidence et une alerte pour les urbanistes et aménageurs.


La pression urbaine

Bien que l'efficience énergétique progresse, et notamment dans les pays riches, ses effets positifs sont largement contrés et annulés par le gaspillage énergétique qui reprend depuis quelques années et par le fait que la consommation de ressource pas, peu, difficilement ou coûteusement renouvelables ne cesse de croître. Le métabolisme urbain tels que conçu dans les années d'après guerre puis à l'ère de la périurbanisation est particulièrement « gourmand » en ressources (espace, énergie, matériaux..). Le calcul de l'empreinte écologique en convertissant pédagogiquement ces ressources en équivalent-surface bioproductive, bien plus facile à visualiser que les "équivalents tonnes de pétrole", ou tonnes-équivalent-toxiques, ou tonnes de gaz à effet de serre, etc. Il suffit maintenant de se rapporter à la surface des terres émergées productives, divisées par le nombre d'habitants pour prendre conscience de la pression réelle que nous exerçons sur la planète. La ville dense, mais construite ou réhabilitée avec les principes de la HQE (Haute qualité environnementale) reprend alors de son intérêt.


Les raisons de l'urbanisation

De nombreux facteurs historiques, politiques et socioculturels peuvent expliquer l'urbanisation croissante :

L'exode rural et le développement d'une société tournée vers l'industrie et les services ont fait des centres urbains la source principale d'emploi salarié. L'attrait culturel et politique des villes, en particulier des capitales, encourage l'arrivée de nouveaux habitants, malgré des hausses chroniques de loyers et de prix du foncier. Ce prix encourage une densification des constructions et l'exploitation du sous-sol (parkings, garages, commerces parfois)

Les décisions politiques relatives à l'aménagement du territoire encadrent le développement des villes existantes ou créent ex nihilo des villes nouvelles. Le plan d'occupation des sols (ou POS) ou le plan local d'urbanisme (ou PLU) et le PADD, sont en France les principaux outils permettant aux collectivités d'appliquer ces politiques. Les techniques d'urbanisme orientent durablement l'occupation de l'espace dans les villes, les élus et techniciens étant par ailleurs confrontés à de nombreuses pressions contradictoire des habitants, commerçants, industriels, aménageurs, etc.

L'attrait touristique de certaines régions très ensoleillées, enneigées en hiver ou proches de la mer a conduit au développement d'un habitat dense. On parle de mitage ou d'étalement urbain, voire de bétonnage du littoral pour décrire une occupation progressive et inéluctable de certaines vallées et littoraux. Le terme de baléarisation désigne par exemple la construction d'immeubles fonctionnels sur l'intégralité du front de mer pour accueillir de façon massive les touristes. L'urbanisation détruit alors le paysage même qui l'a fait naître.


Les modes d'urbanisation

Les villes peuvent se développer de façon horizontale ou verticale, voire les deux à la fois. Le développement horizontal est tantôt concentrique, dendritique, ou linéaire (fréquent dans les vallées, ou sur le bord d'axes importants), ceci en fonction du contexte biogéographique, politique ou historique (incluant l'évolution des conditions historiques de propriété). L'urbanisme s'appuie généralement sur l'existant, sur le réseau de transport et sur un ou plusieurs centres ou pôles (développement multi-polaires). De nombreuses villes nouvelles ont été crées. Hormis dans le cas de villes champignons liées à la découverte de filons d'or, ou de ressources rapidement épuisée, ou dans le cas de cités touchées par les retombées de Tchernobyl, depuis les années 1700, il est rare que les villes se stabilisent, disparaissent ou décroissent. Même Hiroshima et Nagasaki, ou les villes rasées durant la Première Guerre mondiale ou durant la seconde guerre mondiale, ou lors d'autres conflits ont rapidement été reconstruites et se sont développées. Ce n'est pourtant que dans les années 1970 avec les villes nouvelles, et dans les années 1990 que les urbanistes ont commencé à réfléchir aux conditions de soutenabilité du développement urbain. Et il faut attendre les années 2000 pour voire apparaître les premiers quartiers HQE (Bedzed par exemple à Londres) et 2006 pour le premier projet de ville HQE (en Chine).


Bibliographie

Marc Wiel, La transition urbaine, ou la Passage de la ville pédestre à la ville motorisée, 2000, Bruxelles, Mardaga,
Guy Ankerl, Urbanisation rapide en Afrique tropicale. Faits, conséquances et politiques.
Paris, Berger-Levrault, 1987, ISBN 2-7013-0673-6
publié par semmoudi brahim dans: PROJET URBAIN